RÉGIMBALD-ZEIBER, Monique (1947)

Monique Régimbald-Zeiber, Variations / Réflexions sur un thème 8/9, 1985. Bois, papier, encre, ciment fondu vitrifié. 28 x 32 cm. Photo : avec l’aimable autorisation du Musée du Québec.

Après avoir fait des études en littérature russe à l’Université de Moscou (1972-1973), Monique Régimbald-Zeiber obtient une Maîtrise (1975) et un Doctorat (1980) en littérature et langue russe de l’Université McGill à Montréal, et un Baccalauréat en arts visuels de l’Université Concordia (1982). Elle a été professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal de 1992 à 2012. En 1996, elle fonde avec Louise Déry (directrice de la Galerie de l’UQAM) les Éditions « les petits carnets » où elle publie de nombreux textes. Surtout reconnue pour ses œuvres picturales, elle poursuit une démarche qui interroge la construction du regard et de l’histoire, particulièrement celle des femmes. Récemment, elle a fait le point sur le sujet avec une imposante installation in situ, Les dessous de l’histoire (2) : vider les lieux (2011-2013). Des données d’archives du répertoire biographique des Filles du Roy (Yves Landry) : noms des père et mère, année de naissance, date d’arrivée et de décès, etc.) ont été copiées, peintes et montées en 810 tableautins, chacun portant une phrase écrite en lettres majuscules et carrées : SAVAIT SIGNER ou NE SAVAIT PAS SIGNER. Ainsi chargé, voire surchargé de 810 petits objets, l’espace fait figure de lieu d’interrogation plutôt que de mémoire, en ce que, de l’aveu de l’artiste, les mots-chocs « mettent de l’avant des questions relatives à la fin de l’écriture de l’histoire, la fin de l’écrit, la fin de la peinture et la fin de la nation dans le sens large des termes », d’où la seconde partie du titre : vider les lieux.

VOIR :
« Impressions de passage… » de Monique Régimbald-Zeiber, ESPACE, vol. 6 #1, p. 38.
« La part féminine du désir » de Marie Carani, ESPACE #23, p. 13.