PLACE DES ARTS (1947-1954)

Fondée à Montréal en 1947, La Place des arts est à la fois un lieu de travail et un lieu de manifestations artistiques. Elle naît de la rencontre d’artistes qui gravitent autour de Robert Roussil, notamment Armand Vaillancourt, Yves Trudeau, Jordi Bonet, Charles Daudelin, Marcelle Ferron, Claude Gauvreau et Jean-Paul Mousseau. Dans divers locaux de fortune, des événements s’y produisent régulièrement : poésie, jazz, discussions, etc. En 1950, on y accueille des œuvres refusées par le jury du Salon du printemps de l’École d’art du Musée des beaux-arts de Montréal, dont celles de Marcelle Ferron, Jean-Paul Mousseau et Marcel Barbeau. L’exposition intitulée Les Rebelles fait grand bruit. En 1952, la Place des arts aménage au 1199 rue de Bleury et multiplie ses activités : rassemblements populaires, politiques, idéologiques et artistiques, et s’attire les soupçons des autorités municipales qui y dépêchent des informateurs. En 1953, une exposition sans jury de sélection intitulée Place des artistes est tenue par le groupe au 82 rue Sainte-Catherine et réunit 350 œuvres produites par plus de 75 artistes désireux d’entrer dans la modernité et de faire valoir un art qu’ils jugent contemporain à leur époque. Au cours de ces années, les œuvres montrées au public sont systématiquement ridiculisées et plusieurs sont vandalisées ou détruites. En 1954, l’atelier de la rue de Bleury est cadenassé sur ordre du maire de Montréal Camilien Houde, sous prétexte qu’il ne correspond pas aux normes de sécurité. La Place des arts aura néanmoins fait souffler un vent de liberté esthétique qui aura un impact fort sur l’ensemble du milieu artistique québécois.