MERCILLE, Louise

Depuis la fin des années soixante-dix, fascinée par l’intimité qui se dégage des natures mortes hollandaises du XVIIe siècle, Louise Mercille réalise des performances et des installations (certaines comestibles) qui se déroulent en vase clos parmi des artefacts précaires qui font figure de vestiges de drames personnels. Elle déambule à l’intérieur d’assemblages d’objets fragiles qu’elle manipule comme dans un rituel ésotérique qui chercherait à exorciser quelque malédiction, par exemple, De mémoire (1986). De façon générale, ses œuvres insinuent les choses plus qu’elles ne les montrent, et laissent le spectateur reconstituer le non-dit. Bien qu’elle fut physiquement absente de l’installation Les tables de la loi (1997-1998) composée de « vanités », sa présence fut assumée par quarante-huit photographies de son corps en silhouette confinées dans des tourelles à la fois protectrices et étouffantes.