WINANT, Alice (1928-1989)

Alice Winant,  Jeune femme au collier. Photo (RC) : Espace pour la vie, Jardin botanique de Montréal.
Alice Winant, Jeune femme au collier. Photo (RC) : Espace pour la vie, Jardin botanique de Montréal.

Née en Roumanie, Alice Winant a été prisonnière des camps de Bergen-Belsen et Auschwitz pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu’à sa libération en 1945. Elle est alors admise dans un hôpital suédois où, pendant deux ans, elle s’initie à la sculpture auprès de l’artiste Carl Helbig. Elle poursuit sa formation à l’École des beaux-arts de Paris avant d’émigrer au Canada (Montréal) en 1954. Dans sa pratique des années soixante, elle privilégie la représentation de figures humaines, particulièrement celles de mères et d’enfants. Ses sculptures de bronze, où la texture joue un rôle important, s’inspirent des œuvres de Giacometti. Au début des années soixante-dix, elle expose à l’Association des Sculpteurs du Québec et commence à exécuter des bronzes polis rehaussés de couleurs sur le thème de la danse. En 1971, elle est invitée à travailler à Paris dans les ateliers du Musée Rodin. Au cours des années suivantes, elle présente ses œuvres au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Israël. Elles font maintenant partie des grandes collections muséales et privées. À Montréal, l’une d’elles, First Jewels (dont il existe deux versions) est encore installée au Jardin Botanique. En 1972, elle déclare à la presse : « Il se peut que la sculpture soit devenue la discipline symbolique de la survivance, une manière de créer des formes, de mettre de l’ordre dans une matière inerte. » Ses propos s’arriment aux formes délicates et élancées de ses sculptures, dont la souplesse et l’élégance contrecarrent l’extrême violence dont elle a été témoin et victime.

Catégories: