Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi (1980)

Michel Goulet, Complément axial, 1980. Béton, bois, pierre. Photo : Daniel Dutil.
Michel Goulet, Complément axial, 1980. Béton, bois, pierre. Photo : Daniel Dutil.

Le Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi, dirigé par le sculpteur Denys Tremblay, se déroule sur le site de la Vieille Pulperie en 1980. Il comprend cinq volets majeurs : la création de dix sculptures environnementales, la tenue d’un colloque, l’animation de stages d’ateliers expérimentaux par des sculpteurs, l’élaboration d’un circuit régional d’expositions, et la mise sur pied d’activités parallèles au symposium (performance, musique, etc.). Le symposium est financé par différents organismes publics et privés (plus de 500 000 $), dont la Ville de Chicoutimi, le ministère de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme, le ministère des Affaires culturelles du Québec, le programme Ose-Art, Canada-Travail, le Conseil des Arts du Canada et six universités. Plusieurs commandites (plus de 120 000 $) et subventions (près de 376 000 $) sont accordées à l’événement. Le thème du symposium est La sculpture, lieu autonome ou intégration à un lieu et les dix artistes y participant sont : Serge Beaumont, Pierre Bourgault, Michel Goulet, Pierre Granche, Miroslav Maler, Brigitte Radecki, Dominique Rolland, Ronald Thibert, Armand Vaillancourt et Bill Vazan. Les propositions de ces sculpteurs sont retenues par un comité de sélection composé de Huber Durocher, Georges Dyens, Richard Martel, Yves Robillard et Denys Tremblay, appuyé par un comité d’évaluation technique et une firme chargée d’estimer les coûts des projets. Plus de 140 projets avaient été soumis. Après le symposium, les œuvres créées sur le site de la Vieille Pulperie sont installées dans différentes villes de la région (Chicoutimi, La Baie, Jonquière, Alma, Métabetchouan), leur lieu d’accueil permanent. Le colloque international, réparti sur trois jours au cours du symposium, porte sur trois thèmes : la sculpture comme objet autonome dans l’environnement, la sculpture comme environnement et la sculpture au Québec, sa réalité et ses problèmes. Plusieurs théoriciens et praticiens de l’art y participent, dont Pierre Théberge, René Payant, Denis Chevalier, Didier Gillion, Henri Van Lier, Tony Long, Ulysse Comtois, Joe Fafard, Pierre Restany, Georges Trakas, Jean-Marc Poinsot, Marcelle Ferron, Melvin Charney, Rose-Marie Arbour, Francine Larivée et Denys Tremblay. Les stages d’ateliers expérimentaux sont offerts aux étudiants et étudiantes universitaires. Alors qu’Hervé Fischer donne l’atelier « Citoyens/Sculpteurs » (un projet d’art sociologique), les autres sont animés par des artistes dont la démarche remet en question le rapport avec l’environnement et le monde extérieur, soit : Alain Snyers, Piotr Kowalski, Klaus Rinke, Tony Long et Zofia Butrymowicz. Parmi les activités parallèles au symposium, plusieurs artistes provenant de disciplines variées réalisent une performance, notamment le groupe Carnivore, Marie Chouinard, Claude-Paul Gauthier, Raymond Gervais, Pierre Gosselin, Daniel Guimond, Istvan Kantor (Monty Cantsin), Holly King, Claude Lamarche, Jocelyn Maltais, Carol Proulx, Rober Racine, Cyril Read, Michael Snow et Jean Tourangeau. Enfin, plusieurs documents ont porté sur le Symposium international de sculpture environnementale de Chicoutimi, dont le film La parole aux sculpteurs (58 min, 1980), réalisé par Alain Corneau (coproduit par la Maison de l’Arche Inc. et Radio-Québec), le film La sculpture environnementale (54 min 56 s, 1981) de Guy-Jude Côté (productions Tournesol), et le livre Citoyens-Sculpteurs : Une expérience d’art sociologique au Québec (1980), écrit par Philippe Fertray, Hervé Fischer et Alain Snyers (Éditions SEGEDO).

Référence : Serge Fisette, Symposiums de sculpture au Québec 1964-1997, Montréal, Centre de Diffusion 3D, 1997, p. 48-51.